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Être et avoir, l’enjeu des programmes pédagogiques à UNICAEN

Le 7 juin 2019

Être compétent ? Avoir des connaissances ? Qu’y-a-t-il de commun entre parler une langue étrangère, qualifier un problème de droit, monter un protocole d’analyse, faire un bilan comptable, gérer des conflits dans une équipe, corriger les erreurs d’un programme informatique… ? Quelles que soient les disciplines impliquées, il s’agit de compétences.

Les formations de l’enseignement supérieur ont évidemment comme objectif de développer les compétences des étudiants en leur apportant les connaissances nécessaires. Connaissances et compétences, loin de s’opposer, sont d’ailleurs intrinsèquement liées car la compétence se définit comme la capacité à mobiliser dans un contexte donné les bonnes connaissances :
« Une compétence est une combinaison de connaissances, d’aptitudes (capacités) et d’attitudes appropriées à une situation donnée. Les compétences clés sont celles qui fondent l’épanouissement personnel, l’inclusion sociale, la citoyenneté active et l’emploi ».
Définition adoptée par le parlement européen, le 26 septembre 2006.

Les formations diplômantes reconnues par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sont dorénavant établies sur la base de référentiels de compétences ; c’est le résultat d’une évolution importante de l’enseignement supérieur sur plus de quinze années. En 2002 est créé le RNCP · Registre National de la Certification Professionnelle qui agrège progressivement les diplômes de l’enseignement supérieur. En 2011, l’arrêté du 1er août relatif à la licence indique dans l’article 2 « La licence atteste l'acquisition d'un socle de connaissances et de compétences dans un champ disciplinaire ou pluridisciplinaire » et l’article 3 précise « Des référentiels de compétences sont définis pour une discipline ou un ensemble de disciplines… ». La loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 apporte la révision des référentiels de compétences des mentions de licence, en posant que les référentiels définissent les attendus à l'issue du parcours de formation. L’arrêté du 22 janvier 2014, fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master, généralise les référentiels nationaux pour l'ensemble des mentions des diplômes nationaux. Enfin la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » harmonise la politique de certification nationale et définit la notion de blocs de compétences (qui notamment clarifient l’épineuse question de la compensation entre les compétences).

Construire des formations est du ressort des équipes pédagogiques des établissements de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche · ESR, même si l’élaboration en référentiels et la déclinaison en blocs de compétences sont des exigences de la loi. La démarche évolue avec la réglementation, et pourtant une formation se traduit toujours par une maquette déclinée en Unités d’Enseignement · UE et en Éléments Constitutifs · EC : il faut avoir conscience que ceux-ci sont des moyens de piloter la formation plutôt que des objectifs.

La conception des programmes pédagogiques requiert ce qu’on appelle une approche programme. Adopter une approche programme, c’est effectuer un renversement de la démarche : là où classiquement une équipe pédagogique construit une formation en se posant la question des connaissances que chacun peut apporter, il s’agit dans une approche programme de penser d’abord les compétences attendues pour un profil type de diplômé, puis de décliner ce profil en objectifs de formation, en activités d’évaluation et ensuite de les répartir dans des UE/EC de manière cohérente et transversale. L’approche programme entraîne de ce fait le décloisonnement des enseignements qui ne sont plus posés comme des silos parallèles.

Changer les pratiques, les réflexes, les façons de penser n’est jamais simple : c’est toujours vécu comme une forme de prise de risques, d’autant plus si le temps d’évolution est contraint. Une réponse à cette problématique est l’accompagnement des équipes pédagogiques dans la durée. À l’Université de Caen Normandie, le Centre d’enseignement multimédia universitaire · CEMU, en tant que service d’appui à la pédagogie, assure cet accompagnement. Il sera renforcé dans cet objectif par le projet Nouveaux Cursus à l’Université · NCU « Réussites plurielles », lauréat en 2018 du Programmes d’Investissement d’Avenir · PIA ; le NCU prévoit un apport en ingénierie pédagogique, précisément pour le déploiement de l’approche programme.

La transformation pédagogique se construit chaque jour, en fonction des publics, avec l’évolution des outils ; elle peut faire l’objet d’une vision à court, moyen ou long terme. Par exemple, les crédits ECTS ne peuvent-ils devenir une quantification de l’acquis de compétences, plutôt qu’une valorisation des heures d’enseignement dispensées dans les UE ou EC ?

Nous sommes tous invités à penser la conception de nos formations dans une démarche d’amélioration continue, avec beaucoup de souplesse et d’agilité.


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Dernière modification : 7 juin 2019


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